Grand African Nemo 25 : deux procès fictifs pour renforcer la justice maritime dans le Golfe de Guinée
Agrégateur de contenus
null
Grand African Nemo 25 : deux procès fictifs pour renforcer la justice maritime dans le Golfe de Guinée
Dans le cadre de Grand African Nemo 25, deux procès fictifs consacrés à la criminalité maritime ont été organisés sur plusieurs jours au Nigeria et au Congo, avec des restitutions publiques les 14 novembre à Lagos et 15 novembre à Pointe-Noire.
Portés par l’ONUDC-GMCP, avec le soutien financier de l’Union européenne, le concours d’INTERPOL, des centres régionaux et de l’architecture de Yaoundé, ces exercices ont réuni magistrats, enquêteurs, marins et partenaires internationaux.
De l’interpellation en mer… jusqu’au tribunal
Les scénarios, inspirés de cas réels et exécutés en mer par les Marines engagée dans GANo25, ont simulé des affaires mêlant piraterie, narcotrafic, trafic d’armes et pêche INN, depuis l’alerte des Centres opérationnels maritimes jusqu’au jugement des suspects.
Parallèlement aux exercices en mer, les équipes juridiques ont rédigé des procès-verbaux, simulé des interrogatoires, préparé les plaidoiries, auditionné témoins et accusés, avant de rejouer un procès complet en conditions quasi réelles.
L’objectif principal: compléter le volet opérationnel par le volet judiciaire, indispensable pour éviter que les interpellations effectuées en mer restent sans suite.
Des défis juridiques et opérationnels a relever
Certaines législations actuelles ne permettent pas encore de réprimer efficacement la piraterie ou certaines infractions maritimes.
Pour les besoins de l’exercice, les organisateurs ont même dû imaginer une loi fictive idéale afin d’envisager une condamnation, un signal fort envoyé aux autorités présentes.
Autre enseignement central : les procédures de la chaîne de preuve restent perfectibles. Preuves mal collectées, scènes de crime mal préservées… des failles qui pourraient compromettre de véritables poursuites.
Vers un manuel de procédures standard harmonisées
Au-delà de l’exercice, ces deux procès fictifs alimentent un chantier plus large :
la mise en place d’un manuel des procédures opérationnelles standard harmonisées (HSOP), dédié à la criminalité maritime.
Ce document doit permettre :
· d’unifier les pratiques des enquêteurs ;
· d’assurer la recevabilité des preuves ;
· de renforcer la coordination entre marine, police, justice et centres régionaux.
Des recommandations pour une justice maritime plus solide
Les acteurs appellent désormais à :
· moderniser l’arsenal juridique, notamment sur la piraterie, le trafic en mer et la compétence universelle ;
· créer des chambres spécialisées capables de juger efficacement les infractions maritimes ;
· pérenniser ces exercices, essentiels à la montée en compétence nationale.
S’appuyant sur les opportunités présentée par l’exercice Grand African Nemo, grâce aux financements européens et à l’engagement de l’ONUDC-GMCP, en ces initiatives contribuent à renforcer la capacité des États du Golfe de Guinée à donner aux opérations maritimes des suites judiciaires, condition indispensable pour réduire durablement la criminalité maritime.