Une quatrième journée marquée par la lutte contre la piraterie sur GANo25
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Une quatrième journée marquée par la lutte contre la piraterie sur GANo25
La quatrième journée du Grand African NEMO 2025 a placé la piraterie au cœur des entraînements dans le Golfe de Guinée, avec plusieurs scénarios simultanés mobilisant marines nationales et centres de coordination régionaux. L’exercice a permis d’évaluer la réactivité des forces et leur capacité à partager rapidement l’information face à des menaces mobiles et transfrontalières.
Guinée – Un scénario d’attaque maritime mené avec l’appui des forces spéciales
En Guinée, l’exercice du jour a simulé l’attaque d’un bateau de pêche signalant avoir été pris pour cible par des individus armés au large de Conakry. Alertées par le COM, les unités de l’Armée de mer ont appareillé rapidement tandis qu’une équipe de la Gendarmerie maritime se préparait à intervenir. Après la localisation du navire en difficulté, les marins guinéens ont procédé à un premier abordage, confirmant la présence d’otages et de blessés à bord. Face à la gravité de la situation, le COM Conakry a ordonné le désengagement de la marine au profit du groupement des forces spéciales, dont l’équipe nautique a mené l’assaut final. En quelques minutes, les assaillants étaient neutralisés et les otages libérés, concluant un scénario exigeant et illustrant la coordination accrue entre moyens navals, gendarmerie et forces spéciales.
Ghana : intervention rapide après l’attaque d’un porte-conteneurs
Au large du Ghana, la Marine ghanéenne a été engagée sur un scénario d’attaque contre un porte-conteneurs battant pavillon samoan simulé par le PHA Tonnerre pris d’assaut par un groupe armé. Le GNS Half Assini a été dépêché pour intercepter le navire suspect. Après une traque coordonnée entre les centres de commandement à terre, les forces spéciales de la marine Ghanéenne ont pu procéder à un abordage et ont pénétré à bord neutralisant les assaillants et escortant ensuite le bâtiment vers Sekondi pour contrôle.
Nigeria : Inspection d’un navire suspect
Plus à l’est, le Nigéria a conduit un scénario axé sur la détection d’un comportement anormal en mer. Un chalutier, aperçu radar AIS éteint au large de Lagos, a refusé toute communication radio. Le patrouilleur NNS Sokoto a été engagé pour la poursuite et la mise en conformité du navire, avant que celui-ci ne franchisse la frontière maritime vers le Bénin. L’arraisonnement a permis de repérer et de stopper une tentative de trafic d’armes légères. L’épisode a permis de travailler la coopération transfrontalière autour d’une situation typique du Golfe de Guinée en amont d’un acte de piraterie en préparation.
Zone D : poursuite du volet “brigandage et piraterie”
La Guinée Equatoriale a conduit un scénario clé de lutte contre la piraterie après que le CMC Zone D a signalé le MV Azul Delta comme navire suspect, AIS éteint et route irrégulière ; le COM Malabo a aussitôt engagé la frégate Wele Nzas, qui a localisé le bâtiment, constaté l’absence de réponse radio et déployé son équipe de visite pour l’arraisonner. L’inspection a révélé plusieurs anomalies - documents expirés, pavillon endommagé, système AIS coupé - tandis que le CRESMAC, saisi par le CMC, examinait la liste d’équipage transmise à la demande d’INTERPOL, identifiant deux individus recherchés pour brigandage maritime. Faute de preuves suffisantes pour une détention préventive, le COM Malabo a finalement ordonné au navire de quitter les eaux nationales et l’a placé sous surveillance. Les marines du Cameroun, de São Tomé-et-Principe et du Gabon sont restées en posture renforcée en vue de la poursuite du TrackEx et d’un éventuel arraisonnement dans la zone si nécessaire.
En parallèle : plusieurs scénarios de pollution maritime
Si la piraterie a constitué l’axe principal de la journée, plusieurs entraînements POLMAR ont également été menés dans d’autres zones.
Zone G – Sénégal / Gambie / Guinée Bissao / Cap-Vert
Une nappe d’hydrocarbures a été détectée entre le Sénégal et la Gambie. Le patrouilleur marocain PHM Biranzarane de la Marine Royale Marocaine a confirmé la présence d’une pollution d’environ 2 km² et identifié un tanker suspect à proximité. Après prélèvements et constatations sur zone, le navire a été dérouté vers Dakar en coopération avec les autorités sénégalaises.
Zone A – Angola, République Démocratique du Congo et Congo
Au large de Cabinda, les patrouilleurs LP Orca et LP Luanda ont été mobilisés pour investiguer une nappe de polluant signalée par survol aérien. L'origine du rejet a été attribuée au navire Energi Craft, permettant le déclenchement des procédures de confinement. En parallèle, un scénario de lutte contre la contrebande de produits pétroliers à été déroulé au port de Pointe-Noire. Une analyse juridique a été effectuée au CRESMAC par la cellule réflexion pour étudier les lois et conventions régissant ce genre d’infractions.
Un dispositif régional mobilisé sur tous les fronts
Entre scénarios de piraterie, infractions maritimes et pollution, cette journée de GANO25 illustre de nouveau la capacité des marines du Golfe de Guinée à mener plusieurs opérations d’ampleur en parallèle, tout en coordonnant leurs actions via les centres nationaux et zonaux de l’Architecture de Yaoundé. Une démonstration supplémentaire de la montée en puissance collective de la région en matière de sécurité maritime.